Les moments forts du club

C'était un dimanche de 1954 au restaurant de la Croix-Blanche, à l'heure de l'apéro, on parlait de tout et de rien mais surtout de foot. Qui des Charmillot, Flury, Schaller, Spring avaient lancé la discussion ? Nul ne le saura jamais, mais ce jour-là, ça discutait ferme. Après Courrendlin et Courroux qui tapaient dans le ballon rond depuis quelques années déjà, voilà que les villages du Val Terbi s'y mettaient aussi. Et pourquoi pas NOUS... avait lancé l'un d'entre eux ! Ce qui aurait pu n'être qu'une boutade prenait une tournure plus précise. On fit le compte des jeunes du village qui seraient susceptibles de venir grossir les rangs...

Ainsi naquit le FC Rebeuvelier, créé en 1955 par Michel Charmillot, André Lachat et Edgar Flury quelque part dans le Val Terbi. Son premier président était Pierre Charmillot, le secrétaire-caissier était Roland Charmillot. Très rapidement Roland demanda à être remplacé et c'est Willy Bendit, très jeune à l'époque, qui fut nommé par l'assemblée car il participait régulièrement aux entraînements.

Premiers matches en terre sainte

Comme Vicques possédait déjà une équipe depuis 1953, quelques membres du Val Terbi décidèrent de créer la Fédération du Val Terbi, hors de l'AJBF. La Fédération était composée de Vicques, Mervelier, Corban, Develier et Rebeuvelier. Un championnat avec matches aller-retour fut établi et les derbies entre certaines équipes furent captivants pour un public nombreux.

Parallèlement, la Coupe du Val Terbi se déroula dans une ambiance de fête. Rebeuvelier ne l'organisa jamais car le club ne possédait pas de terrain permettant ces joutes. Ce n'est qu'en 1958 que le terrain actuel fut aménagé en même temps que l'école. Lors de ce championnat, Rebeuvelier sortit deux fois 1er et deux fois 2e. Quant à la Coupe, le FCR y participa quatre fois et la remporta deux fois !

Ces joutes durèrent quatre ans. Puis le FCR et les autres équipes décidèrent d'entrer dans l'AJBF. De nombreux piliers de l'équipe partirent ou démissionnèrent. Le club fut complètement remanié.

René Spring et Amédée Schaller présidèrent le club, alors que la maman de Willy Bendit s'occupait de laver les équipements et de faire le thé.

Des hauts et des bas

Le début des années 60 fut une période très difficile. Avec Willy Charpilloz comme entraîneur et Willy Bendit une demi-saison, il fallut parfois prêter des joueurs pour travailler aux champs afin d'avoir une équipe le dimanche. Puis arrivèrent Charly Anker, Serge Schaffter et André Mottaz. Charly en tant que président, décida de changer les maillots. Les nouvelles couleurs furent le violet et le jaune. En tant qu'entraîneur, André Mottaz fut très efficace : avant-dernier au premier tour, le FCR gagna huit matches sur neuf au deuxième tour. Le club joua jusqu'en France, à Morvillars et Grandvillars. Certains joueurs se perdirent.

Enfin arriva une période très faste pour le club. Willy Schori, Francis Mottaz et Charly Jeanmonod contribuèrent à monter l'équipe en 3e ligue pendant un certain temps. Le président était alors Amédée Schaller.

En 1965, sous l'impulsion de Willy Bendit, l'assemblée présidée par le maire de l'époque Edmond Charmillot, décida d'organiser une grande fête pour le 10e anniversaire du club. Le match du dimanche après-midi entre Delémont et Moutier attira la grande foule, mais celle-ci ne se déplaça pas sous la tente dressée pour l'occasion, malgré un programme festif copieux. La faute aux températures très basses et au peu de moyens de chauffage à l'époque.

En 1972, à l'instar des grandes équipes, le FCR prépara sa saison en Espagne. Au menu, des matches contre le TT Berne et le club local sur un terrain qui ressemblait plus à un désert qu'à une pelouse... L'organisateur de cette sortie était Jean-Pierre Schaller.

Douze années de folie

En 1975, Rbeutz termina champion de son groupe en 4e ligue et participa aux finales d'ascension, sans succès. Ce n'était que partie remise... L'année suivante le FCR s'offrit carrément le doublé championnat-coupe !! Il battit Tramelan sur le score de 3-1 aux finales d'ascension, ce qui lui permit d'accéder à la 3e ligue, et il remporta la Coupe jurassienne aux dépens des inters des SR Delémont (4-2) !

Dès lors le succès de ce petit club ne faiblit plus! En 1977, le fort engouement autour du FCR lui permit d'inscrire une deuxième équipe, en 5e ligue. Pour hydrater tout ce petit monde, une baraque de chantier fut achetée et aménagée en buvette.

S'en suivirent deux éliminations au stade des demi-finales de la Coupe jurassienne : aux penalties contre Bonfol en 1978, et 5-2 après prolongations contre Courtemaîche en 1981. L'année suivante marqua le début d'une tradition toujours d’actualité : le premier tournoi à six joueurs du Champ-du-Bois.

Le roi de l'ascenseur

Après douze magnifiques années passées en 3e ligue, la Première finit par connaître la relégation en 1988, avant de faire l'ascenseur (promotion en 1991, relégation l'année suivante). En 1994, Rbeutz termina deuxième de son groupe, lui donnant la possibilité de remonter en 3e ligue. Opportunité refusée en raison d'un contingent pas assez étoffé.

L'année 2000 insuffla un vent de folie sur le Raimeux : les deux équipes furent promues en 3e et 4e ligues ! Cela fut fêté comme il se doit... Puis Rbeutz acquit définitivement le statut de roi de l'ascenseur, en raison des promotions/relégations qui s’enchaînèrent :

Pour la Première :

  • Relégation en 4e ligue en 2002
  • Promotion en 3e ligue, 2e degré en 2006
  • Relégation en 4e ligue en 2007
  • Relégation en 5e ligue en 2008
  • Promotion en 4e ligue en 2009
  • Promotion en 3e ligue en 2011
  • Relégation en 4e ligue en 2012

Pour la Deux :

  • Relégation en 5e ligue en 2001
  • Promotion en 4e ligue en 2010
  • Relégation en 5e ligue en 2011

Témoins de cette épopée, les articles publiés par le Quotidien Jurassien :

 

Il y aurait énormément de choses à dire, des anecdotes, des frustrations, des grands moments de joie surtout... On parle encore et toujours d'un certain match de mai 2004, où le FCR avait refusé de se déplacer en terres bernoises pour y affronter le FC La Suze, en raison des menaces de mort proférées à l'encontre des gars du pied du Raimeux lors du premier tour. Résultat : une défaite 3-0 par forfait dans les gencives...

Et maintenant ?

Au terme de cette folle décennie, le très actif président Thierry Wüthrich a rendu son tablier fin 2011, juste après avoir organisé la toute première descente de boules. A la buvette, sa maman Heidy continue d'accueillir les spectateurs avec le même enthousiasme. Denis Schaller a repris la présidence et ses poulains continuent de se battre en 4e et 5e ligues, emmenés par les inamovibles Olivier Schaller, Michaël Christen ou Lionel Voillat. Avec toujours un œil rivé sur le haut du tableau...

Etabli avec l'aide de Willy Bendit. Un immense merci à lui !

© Les extraits d'articles sont reproduits avec l’autorisation des Editions D+P SA, société éditrice du Quotidien Jurassien.